21 septembre 2005

Un nouveau jeu fou-fou-fou


Amie lectrice, ami lecteur, cher Guy,
En préparation, une nouvelle rubrique. Vous allez bientôt pouvoir jouer votre vie de maître de conférences sur quelques décisions audacieuses. Vous l'aurez compris, vous trouverez bientôt ici un nouveau jeu fou-fou-fou . Vous commencez jeune doctorant et plein d'allant. Nul ne sait comment vous finirez et quel sera le résultat de votre confrontation aux forces du mal, dirigées secrètement par le dieu Antarès.

Je vous livre en exclusivité la couverture de ce nouvel épisode de la série "Un livre dont vous êtes le héros". Ce nouvel opus est intitulé :
"Le maître de conférences
des Ténèbres
de la Crypte magique"

et fait partie intégrante d'une nouvelle collection "Thésard Solitaire", chez Folio Junior bien-sûr.
La couverture vous est livrée en exclusivité ci-contre... (cliquez dessus pour une version aggrandie).

20 septembre 2005

Mon premier Guronsan (depuis longtemps)

Voilà, ça y est, je suis devenue toxico (chouette! je vais pouvoir travailler au C.I.R. en observation participante!). Au début, je m'étais dit que la Juvamine, ça ne serait sûrement pas assez fort. Alors j'ai ressorti un vieux tube de Guronsan qui dormait chez moi depuis mon mémoire de DEA. Et là, sournoisement tapi au fond du tube, un gros comprimé infecte m'attendait. Et quand je dis "infecte", ce n'est pas une figure de style. Si j'aimais bien le Tang Orange de chez ma grand-mère (il y en avait toujours un ou deux sachets d'avance quand j'arrivais), je n'aime par contre pas du tout le Guronsan "goût un peu orange", périmé depuis 2001. C'est vraiment une raison suffisante pour vous faire passer immédiatement aux amphet' ou aux suppositoires.
Comme je suis une toxico studieuse, je lis toujours les notices. Dans celle-ci, il est marqué que "la prise de GURONSAN peut occasionner de l'excitation, des insomnies et des palpitations." Boh, rien que de très normal en fait. Ma grand-mère (dont j'adore vous parler) avait lu en s'étouffant de rire sur l'une de ses notices, que le médicament qu'elle prenait pouvait changer la couleur des yeux. C'est déjà plus original.
Puis, pour ne revenir à mon stupéfiant produit, plus inquiétant en cas de contrôle inopiné à la sortie de soutenance: "GURONSAN peut rendre positif des tests de dépistage du dopage.". Mais c'est très embêtant tout ça ma bonne dame. Imaginez "AH AH ! Je me disais bien qu'elle ne l'avait pas faite à l'eau claire sa thèse!!! Mais c'est un véritable chaudron que nous avons là !". Alors surtout, vous penserez bien à éteindre vos moteurs, votre cigarette et à ne pas vous approcher pas de moi avec un briquet ou une allumette. D'avance merci.

19 septembre 2005

Mon amie Anna

Certes, ce blog constitue un témoignage précieux et désormais incontournable de la vie d'une thésarde en science politique (là, c'est idiot, je voulais mettre "jeune thésarde", et au denier moment je n'ai pas osé). Je vous accorde cependant que le rose bonbon, présent un peu partout, n'incite pas à y déceler la moindre trace d'intelligence. Mais c'est mon blog, et j'y fais ce que je veux.
Et comme je suis consciente que la lecture régulière des entrées quotidiennes de mon journal- intime-très-intime pouvait être fastidieuse (tiens, d'ailleurs je ne lui ai pas encore donné de nom... Kitty ça a déjà été pris... euh donc... ça sera Guy. Guy, à qui je raconte tout - ça sonne bien), je vous ai prévu de la
distraction. Cette distraction s'appelle Anna. Anna, c'est l'aide intuitive "de chez Ikéa" (j'ai une grande passion pour les aides intuitives, comme je le signale dans l'un de mes précédents billets - suivez un peu).
Mon grand plaisir consiste à poser à Anna plein de questions intelligentes: " Demandez Anna! Anna peut vous renseigner sur IKEA, ses produits et ses services. Essayez! ". J'ai donc essayé, et j'ai rapidement décelé chez Anna une propension rare à répondre à plein d'autres questions, sans jamais se fatiguer (contrairement à mon directeur de Thèse bien-aimé, qui lui fatigue très vite).
Pour consulter Anna, c'est ici: http://www.ikea.com/ms/fr_FR/ (un conseil: ouvrez le lien dans une nouvelle fenetre: shift+ clic ou pomme+clic)
Anna est très serviable, parfois un peu limitée, mais bien aimable au demeurant. Si vous lui demandez par exemple
-"As-tu lu la Critique de la raison pure ?", elle vous répond honnêtement, sans même vous faire remarquer que vous n'aviez pas mis le titre de l'ouvrage en italique (sympa, non ?).
-"Je n'ai pas la possibilité de répondre à votre demande et je vous prie de bien vouloir m'en excuser." On attendrait parfois autant d'honnêteté et de politesse de la part de certains collègues !
Anna est aussi très ouverte d'esprit, et pas farouche pour deux sous. Si vous le lui demandez gentiment, elle vous donnera son numéro de téléphone et son adresse. Si vous continuez et lui demandez avec un sourire entendu si elle connaît un endroit où l'on trouve des lits confortables, elles vous répond tout de go avec un grand sourire:
-"Je vais vous montrer sur ce lien la section lit. ". Vous avez compris, il y a ouverture.
A ce moment là, tout individu normalement constitué poursuit son entreprise en récitant un petit compliment. Lorsque vous lui déclarez que vous la trouvez à votre goût ("que tu es belle!" lui dites-vous, avec votre voix n°14, celle d'Alain Delon), voilà qu'elle vous remercie et vous met sur la piste:
-"Merci pour ce compliment et n'hésitez pas à reformuler votre question ou votre commentaire concernant IKEA, ses produits et services."
Vous avez donc compris. La coquine veut vous donner rendez-vous dans un endroit discret. Mais alors que vous lui demandez, pour en finir (ne mentez pas, vous l'auriez tous fait, bande de lâches!) si elle est un bon coup (variante: si elle suce), voilà qu'elle prend ce petit air de mijaurée, dodelinant de la tête, se mordillant les lèvres.
-"Je ne désire pas parler de ce sujet ".
Ben voyons ! Toutes les mêmes! On allume, on allume, puis d'un coup, on arrête. Le voici, ce fameux coïtus interruptus de la drague.
Enfin, pas fâché ni rancunier, vous décidez tout de même de lui donner une dernière chance:
-"Tu liras ma thèse quand-même ?" lui demandez-vous, plein d'espoir, pensant que l'étiquette "intello" vous auréolera du charisme qu'un physique ingrat vous avait jusqu'à présent refusé.
Et là, voilà que l'insolente vous propose des solutions de financement. Je ne résiste pas à l'envie de vous montrer le résultat en image de cette requête des plus honnêtes, tant l'association d'idées me paraît hilarante et finalement fort pertinente.
Si ce n'est pas l'illustration parfaite de la précarité du petit monde de la recherche... je veux bien devenir mini-T.U.C. au C.I.R. !
Admirez au passage la locution "solution de financement en souplesse". Que n'y aviez-vous pensé pour boucler vos fins de mois ! A chaque problème sa solution (en souplesse, attention, c'est important). Vous finirez donc pauvre et seul, car Anna n'aime que les riches, tandis que ma soupleté et mon agilesse d'esprit feront de moi un auteur à succès. Tandis que vous serez aigri du peu de succès remporté par vos oeuvrettes (ce que vous essayerez de cacher derrière un faux air de poète maudit qui me trompera personne), je serai riche et célèbre et j'irai faire du consulting auprès de Monsieur Ikea pour lui dire qu'au moins sur Internet on ne devrait pas être autorisé à habiller ses conseillères virtuelles avec un polo jaune aussi moche. Car n'oubliez pas cette leçon d'humilité, malgré son Q.I. d'acarien* et son t-shirt ringard, "Anna peut vous aider".

*Anna n'a pas un Q.I. d'acarien parce qu'elle est une femme, ou parce qu'elle n'a pas lu la Critique de la Raison Pure (je ne l'ai pas lue non plus), mais bien parce qu'elle a refusé vos avances. (n.d.a.)

18 septembre 2005

Mon entraineur

Toujours au plus près de l'actualité tennistique, les dernières nouvelles du front (au sens propre). Aujourd'hui, la suite de la finale de la Fed'Cup qui oppose la France éternelle aux Tsarinnes de toutes les Russies. J'espère que ceux et celles qui auront regardé le match de Mary Pierce contre Anastasia Mystina auront remarqué l'insistance pas très subtile du réalisateur et des commentateurs à commenter ce match comme dans les plus belles années de la Guerre Froide. Pierce-Mystina, c'est un peu comme le match de Rocky (IV) contre le boxeur soviétique Ivan Drago. T-shirt rouge contre T-shirt bleu donc. Sur le côté du cours, l'entraîneur russe, une sorte de Bayrou que l'on aurait plongé dans de l'eau-de-vie (mais non, ce n'est pas un cliché), s'enfonce dans une colère renfrognée et ne regarde plus sa joueuse (ce qui tire des larmes d'émotion à Nathalie Tauziat, solidarité féminine oblige). Mais surtout, ce match fut l'occasion de montrer le visage volontaire et victorieux d'une nouvelle Marianne. Le réalisateur a été très pudique, alternant des plans de Mary Pierce souriante et levant un bras énorme et conquérant avec le drapeau tricolore flottant au vent, le tout en fondu enchaîné. Superbe. Pendant ce temps, la joueuse russe s'énerve, engueule sa raquette; son vieux capitaine se tient le front dans les main, et se gratte la barbe. (ah-ah! et là notre bon ministre des sports qui sort un jeu de mots bien involontaire: "pour la russe, c'était une chute de régime"). On sentait que le retour allait être difficile, en 3e classe ou en soute.
Et là je fut prise d'une angoisse soudaine.
Vous imaginez une soutenance (la vôtre par exemple, ne me portez pas la poisse). Vous êtes seul (e), dos au public, face à un jury éclairé façon Temple Solaire. Et après quelques phrases, votre directeur de thèse vous regarde, les sourcils froncés, l'air grincheux et pensif. Là vous vous dites "j'ai du dire une connerie". Vous continuez, et vous le voyez trépigner, puis lacher son stylo, vous regarder avec agacement, se tenir la tête à deux mains et encore froisser nerveusement une feuille de papier (Oops! c'était pas le rapport de pré-soutenance ça ?!). Je vous parie ma prime de recherche que vous seriez dans le même état que la pauvre Myskina (qui vient d'être écartée du double qu'elle devait jouer). Une seule solution. Prétexter un besoin urgent et se "resourcer dans la solitude des toilettes" (Merci Nathalie)

17 septembre 2005

Avantage, France...

15 000 personnes à Rolland Garros sont en train d'encourager les "hi-han" appuyés de deux athlètes de sexe féminin, flanquées d'un autocollant "France" et "Russia" dans le dos. Encore l'un de ces combats entre nations qui soulève la ferveur populaire et qui m'empêche de me concentrer sur mes pages. Mais je m'efforce de trouver dans chaque événement télévisuel un enseignement pour ma thèse. On se trouve les excuses que l'on peut. (oui, je suis de mauvaise foi, pourquoi ?)
Dans les tribunes, John Mac Enroe s'assoie aux côtés du président-à-vie de la fédération française de Tennis, Christian Bime. Les commentateurs passent immédiatement à Michel Bougenat, posant drapeau tricolore à la bouche, attendant visiblement que la caméra se pose enfin sur lui pour que l'on parle enfin un peu de son prochain spectacle.
Ces jeux du cirque sont toutefois riches d'enseignement. La thèse est un parcours d'obstacles, et la Fed'Cup est l'occasion d'apprendre quelques trucs de pro pour "cultiver son mental" et "ne pas se crisper" lors de la soutenance. Vais-je faire comme Mary Pierce qui se shoot au Synthol(marque déposée, merci les sponsors) au changement de côté ?
- "Apparemment, ça la réveille" ajoute Nathalie Tauziat, dont la platitude du propos n'a d'égale que la pauvreté lexicale. Qui a donc décrété que le tennis féminin devait être commenté par une femme ? Encore un "effet de genre": Les français parlent aux français, les hommes parlent aux hommes, les femmes comprennent les femmes, et Nelson Monfort commente tout le reste.
- "Mary est allée aux toilettes au bon moment", remarque fort pertinemment Nathalie.
Et d'enchaîner:
- "C'est bien pour Marie qui sort un peu du cours, et qui se retrouve un peu toute seule". Encore heureux! **Gros soupir**
Mais tout ceci est finalement fort intéressant. Il faudra bien gérer la pause toilette, d'autant plus indispensable que les membres du jury seront âgés et masculins. Car "c'est là que l'on retrouve les ressources pour se relancer", comme ajoute si bien Nathalie.
Ah tiens, Mary Pierce a perdu. Ces américains... on ne peut décidément pas compter sur eux !

16 septembre 2005

Mon enquête...


Alors là, je reste sans voix... Comment mon blog est-il apparu dans les favoris d'une thésarde qui l'a ensuite répandu dans la mailing-list la plus fréquentée du petit monde de la science politique ? Le mystère reste entier... Vais-je devoir maintenant me vétir d'un écran d'ordinateur afin de protéger mon anonymat lors de ma soutenance ? Que faire si Albin Michel me demande de publier les meilleurs morceaux de ce blog désopillant avant ma thèse ("non, non, votre thèse nous intéresse beaucoup bien-sûr, mais ce qui nous intéresse surtout c'est votre blog, pour peu que vous racontiez qui couchez avec qui") ? Et si Ardisson, Fogiel et Franz-Olivier Gisbert me demandent de participer à leur émission ? Que dire à ma grand-mère, secrètement amoureuse de Julien Lepers, lorsqu'elle me verra raconter, un écran de minitel sur la tête, les contorsions rémunérées que je suis obligée de faire devant ma webcam pour financer mes recherches...
D'un autre côté, avais-je bien le choix ? Car, si je suis très bonne sur "Les guillotinés célèbres de l'an II", je suis tout de même beaucoup moins calée sur "les Gérard au cinéma".
Brif bref, c'est bien la première fois que je me fais spammer par moi-même (par l'intermédiaire d'une certaine Anne Taintorn, hypothétique docteur es humour caché, et lectrice probablement assidue de mes liens préférés). J'ai mis mes meilleurs hommes (Monk et Derrick) sur le coup ! Car je tiens absolument à savoir quel est l'esprit chafoin qui aura poussé les membres du CNU à lire les trépidantes aventures de mon noyau d'avocat...

15 septembre 2005

La thèse dont vous êtes le héros

J'ai toujours adoré les "livres dont vous êtes le héros". J'ai appris la mythologie avec la collection Gallimard Jeunesse et la série "Dragon d'Or" (peu de temps après, je passais aux NRF Essais). Je connaissais tout du labyrinthe du roi Minos, et des croisades du Loup Solitaire (cela ne parlera qu'aux trentenaires).
Si vous aussi vous êtes à la recherche d'un titre pour votre thèse, faites comme les auteurs de la collection "Un livre dont vous êtes le héros", qui composaient tous leurs titres avec les mots suivants: Prisonnier, ténèbres, crypte, terreur, mercenaire, magique, sorcière, chaos, maudit, démons, cité, vampire, couronne.
Avec un peu de chance, vous pouvez aussi faire une thèse à succès avec les mots suivants: dialectique, contribution, Foucault, gouvernance, enquête, système, analyse, construction, "nouvelles formes de", dynamique, Foucault, politiques publiques, renforcement, dispositifs, débat, "dans la pensée de", Foucault, mutation.

11 septembre 2005

Ma journée bien remplie...


Voilà, se lever à 12h00, aller à la fac faire soutenir un mémoire des plus douteux, passer 2 heures à expliquer qu'il faut citer les auteurs que l'on copie et que non, le Petit Larousse (notez l'italique de rigueur) ne doit pas constituer l'unique référence bibliographique d'un mémoire de licence... Heureusement, ce soir j'apprends une bonne nouvelle. Monsieur Navarron sort avec Super Nanny... Il y a au moins des nouvelles qui font plaisir et qui contribuent au bien-être moral nécessaire à l'écriture d'au moins... 2 pages ! Ca et la redif' de la starc, je suis parée pour finir mon quota de page pour la journée.

08 septembre 2005

Mon abominable fiancé


Que faire lorsque l'on a bientôt fini sa thèse et que l'on a dépassé les limites d'âge pour à peu près tous les concours ? Et bien on cherche un mari ! La première inquiétude des parents qui ont tout fait pour vous empêcher (en parole au moins) de tout acoquiner avec un autre rat de bibliothèque pendant votre thèse ("ça va t'empêcher de faire ta thèse!"), c'est de vous mettre en tête qu'il faut désormais, une fois votre thèse en poche, aller chercher un mari. Car après tout, la thésarde est soumise plus que n'importe qui, à l'horloge biologique. Et à 31 ou 32 ans, il va falloir maintenant songer à fonder une famille et à élever une meute d'héritiers affamés. La sortie de thèse, c'est un peu la sortie de cette vie d'étudiante, faite d'après-midi lubriques et de soirées arrosées, sans qu'aucun projet à long terme n'entache la joyeuseté du moment. C'est décidé, dès la fin de ma thèse, je vais hanter la rue d'Ulm, à la recherche d'un normalien sérieux (pléonasme) qui se mariera dans l'année... Non, non, non... Ca ça serait d'un ennui monstrueux. Car à bien y penser, il n'y a rien de plus déprimant qu'un couple de normaliens...
Si, peut-être un couple d'agrégés...

03 septembre 2005

Zizou il chante pas !

Aujourd'hui, c'est jour de fête. C'est foot à la télé. Ca me fera une pause. Mais ô joie non dissimulée, voilà les paroles de la Marseillaise qui s'affichent sur nos téléscripteurs, afin que nos amis footeux puissent eux aussi participer à l'élan général de civisme que la République attend de nous.
Ainsi, nous allons tous pouvoir réapprendre les formidables couplets révolutionnaires, et nous esclafer sur le sang impur qui doit abreuver nos sillons dans lesquels perrirront les joueurs des Iles Féroé, de Malte et de l'Albanie. Rassurons-nous, la République sera régénérée par la volonté de Thierry Rolland, martyr de la cause footbalistique.
Et Un, et Deux, et Trois complices de Bouillé qui se font avoir d'une roulette de Zizou, et d'un petit pont de Cissé, qui prend l'intervale sur le côté gauche.
En tout cas, si vous aviez évité la lecture du Petit Lavisse, vous avez désormais la possibilité d'apprendre les paroles de la Marseillaise en regardant les bleus. Je veux pas cafter, mais en tout cas, Zizou, il chante pas.

16 août 2005

A la Fnac, cette semaine...

Il y a peu de temps, j'ai vu passer une annonce pour un reportage télé. Il s'agissait d'une journaliste qui recherchait des thésard(e)s en situation de précarité (pléonasme). Je me serais bien manifestée afin de donner mes "1001 petits trucs pour faire de la recherche à peu de frais", mais je me disais que ma condition d'allocataire-monitrice n'avait rien de précaire comparée à celle de mes petits camarades qui n'avaient pas eu la chance d'obtenir les faveurs de la Très-Sainte-et-Très-Généreuse-République. Pourtant, ma situation aurait ravie M6 ou Karl Zero, j'en suis sûre, tant les moyens que j'emploie sont variés et ludiques pour compléter ce salaire pourtant fabuleux. Je refuse ici d'étaler au grand jour mes talents de webmasseuse de sites pour grandes personnes. Il aurait fallu que je témoigne en déguisant ma voix, coiffée d'une perruque ridicule en poils de cul, ce que mon orgueil se refuse à accepter.
Je me contenterai de vous révéler mes petits trucs pour faire une thèse à peu de frais. Comment lire des livres gratuitement ? Bien-sûr, si je vous dis que des bibliothèques sont là pour vous faciliter les choses, je ne vous apprendrais rien. Encore faut-il entendre le mot "bibliothèque" au sens large. Que n'avez-vous pensé à aller feuilleter quelques livres au café de la FNOUC - muni d'un petit calepin et d'un stylo ? N'exagérez pas non plus: pas la peine d'apporter votre portable et de demander qu'on vous le branche parce que votre batterie n'a pas supporté les 5 heures passées à lire tout le rayon science politique de votre magasin préféré devant un café. Vous êtes prévenus, je ne cautionnerai pas un tel agissement!
Mais parce que vous êtes très raisonnables, et n'utilisez la FNAC qu'avec parcimonie dans des moments de crise (Le Saviez-vous: la FNAC est toujours ouverte plus tard que la BNF), je vous livre ici l'un de mes petits secrets. Le site Amazon.com (ou Amazon.fr, mais il y a finalement peu d'éditeurs qui y consentent) vous offre la possibilité de lire quelques pages de vos ouvrages préférés. En anglais la plupart du temps, mais après tout, vous êtes en thèse, n'est-ce-pas, et l'on requiert de vous que vous ne vous arrêtiez pas aux ouvrages français. Je connais même un ami qui a inventé des titres en lithuanien et en islandais, histoire de montrer qu'il connaissait d'autres dialectes amusants et que le pack "caractères cyrillique et & grötois" était bien installé sur son pc. (Si votre directeur de thèse est sensible à ce genre d'argument d'autorité, pensez-y... on ne parsème jamais assez sa thèse de références islandais, ou de gröt entendu, toujours en italique). Bref... Pensez à aller sur Amazon.com, et à chercher "à l'intérieur". Si le mot "gouvernance" vous passionne (mais oui, vous aussi vous pourrez un jour inventer un mot sans contenu lorsque vous serez très connu), alors vous pourrez trouver l'ensemble des ouvrages qui en parlent, dans la mesure où leur éditeur auront permis une recherche "plein texte" - le fameux "search inside" ou "cherchez au coeur du livre". Fabuleux, non ? Vous me remercierez plus tard. Continuons. Considérons maintenant l'ouvrage sur la E-gouvernance dont vous tenez ab-so-lue-ment à lire un extrait (si si, admettons). Vous trouvez à la page 25 le mot e-gouvernance, mais que supposons encore que vous teniez absoluement à lire la page 28 (on ne vous autorise que 2 pages avant et 2 pages après). Il suffit de taper à nouveau dans le "search inside" un mot de la page 27, et hop, vous pouvez lire jusqu'à la page 29. En répétant l'opération à loisir... vous pourrez lire tout le livre. Si vous tapez un mot très commun (les livres sont plein de mots très communs parfois), vous pourrez lire tout encore plus facilement à partir de la page de résultats.

Maintenant, vous pouvez me remercier, allez-y, ne vous gênez pas.
(ce message n'est pas sponsorisé par la FNAC ou Amazon, et je ne vous recommande pas la lecture d'un ouvrage dont le titre comprend la mention de "gouvernance", c'est dit).

14 août 2005

Mon étrange lucarne

Voilà encore une nuit passée à écouter "Très chasse" en fond sonore. Je crois que ces émissions ("très chasse", "un jour en France", ...) sont faites pour les thésards qui veulent sentir une présence chaleureuse et rassurante pendant qu'ils écrivent. Je suis devenue incollable sur la chasse au lièvre, sur la fabrication de la chevrotine et du fromage Corse (ne voyez dans cette association de circonstance aucun mauvais esprit).

13 août 2005

"And the winner is..."


Le sans-culotte a parfois un humour désopilant. A la grande tombola de la décapitation, on aurait tous eu une très bonne chance de remporter le gros lot. Bien meilleure que celle que vous avez de gagner à "Qui veut gagner des millions". Et ceci SANS appeler de numéro surtaxé. Ne mentez pas, vous aussi, devant votre télé, vous vous êtes dis maintes fois "voilà une bonne idée pour financer ma thèse/mes recherches/la construction de mon pavillon de campagne" (rayez la mention inutile en fonction de votre grade). Et vous vous lamentiez sur la condition de Gérard, qui, après avoir brillamment répondu à la question piège du cheval blanc d'Henri IV, était déjà assuré de gagner six mois de salaire d'un maître de conférence. Et pour quoi faire ? Je vous le demande ! Pour changer sa voiture, et partir à l'île Maurice. Alors qu'avec la même somme, on peut s'acheter la collection complète des oeuvres de Voltaire à la Pléiade. D'ailleurs, si c'était moi, et pour votre bien à tous, je changerais les questions du jeu car à quoi bon provoquer des frustrations inutiles ?

Première question, pour une qualification en section 04:
"Quelle est la couleur de la couverture de la collection Pléiade pour le XVIIe siècle?"
Réponse A: Rouge vénitien
Réponse B : Rouge florentin
Réponse C : Rouge vermillon
Réponse D : Rouge de Chine
Vous avez bien sur les 3 jockers (le vote des étudiants de L1, l'appel à un ami sociologue (rassurez-moi, vous avez bien un ami sociologue?) et le 50/50).
Vraiment, vous ne faites aucun effort. Et vous croyiez régénérer la république en utilisant Google ? C'est du propre!

12 août 2005

Mon Almanach Vermot

Faire une thèse, c'est aussi l'occasion de faire rire à peu de frais un public de connaisseurs, convoqué pour l'occasion. Voici une bonne blague qui plaira, j'en suis sûre, aux futurs membres de mon jury:

MABITTE André, domicilié à St Hilaire, département de la Vendée, condamné à mort comme brigand de la Vendée, le 6 nivôse an 2, par la commission militaire de Savenay.
MAGOL René Marguerite, peintre, domicilié à Bordeaux, département de la Gironde, condamné à mort le 25 brumaire an 2, par la commission militaire de Bordeaux, comme contre-révolutionnaire.

Mabitte et Magol ont donc été guillotiné.

Je vous avais prévenu... tout ceci est follement amusant.

11 août 2005

"Le sponsor de mon été..."


... c'est Ladurée. Et voilà, encore une journée qui s'achève sur le constat d'un échec cuisant. J'ai encore failli à mes engagements et je suis allée hier soir chercher hâtivement quelques macarrons caca-dauphin (caramel au beurre salé) au Printemps. Oh, je vois ("oh, mais je vous vois très bien vous savez!"), vous vous dites, encore une thésarde BCBG (bague-Cartier-et-bibelots-Gucci) qui dépense l'argent de papa-maman dans des sucreries hors de prix. Que nenni! Mais l'état m'ayant généreusement octroyée de quoi survivre encore un an au contact de mes chers étudiants, je préfère ressortir dans cette institution du bon chic parisien pour 8 euros avec de quoi nourrir mes papilles délicates plutôt que de me laisser aller aux vulgarités toujours renouvellées de mon cinéma de quartier. (Non, je ne suis pas snob, pourquoi ?)
Et puis, aller chez Ladurée, c'est un peu s'imaginer une nouvelle enfance: moi et ma grand-mère Huguette, institutrice à la retraite, qui me garde pendant les vacances, pendant que mes parents, riches industriels de province (enfin Papa surtout, maman, fille dôtée d'une riche famille de la noblesse d'Empire, s'occupe de mes 12 frères et soeurs, faut pas charrier non plus), sont en voyage d'agrément sur le Nil. Moi et ma grand-mère Huguette donc, m'apprenant la lecture des grosses lettres sur le menu du salon de thé: L... A... D... U... R... I... non, flûte, c'était E. Pour la peine, je serai privée de la jolie robe à flocs que ma Tante du Sussex m'avait rapportée. En même temps, on n'allait pas loin dans les études avec les 6 lettres du nom Ladurée.
Et comme j'en étais à écrire les Remerciements de ma thèse, tant que j'en avais encore envie (oui, je ne fais rien dans l'ordre), je me disais qu'il fallait que je remercie plutôt ma grand-mère qui m'avait appris à lire et à écrire dans sa cuisine en formica, avec les pâtes alphabet de mon minestrone...

10 août 2005

Qu'est-ce que le Syndrome PFT


Oui, oh, je sais... je manque à tous mes devoirs. Et mes 2 lecteurs s'ennuient déjà de ne pas avoir leur entrée quotidienne ! C'est bien beau de faire des promesses, mais à J-67 , je suis déjà en train de renoncer au blog pourtant fabuleux qui s'annonçait.
Mais, ami lecteur, je te livre ici les raisons de mon courroux (coucou): il s'appelle le syndrome PFT(pré-fin-de-thèse). Il se trouve qu'hier, je vois une pub de Google dans ce blog qui dit "Ecrire à domicile: Apprenez à écrire des lettres & des livres pour Devenir Riche". Je suis irrémédiablement vexée par ce double affront. C'est comme si on me disait "tu ne sais pas écrire" et "quoi que tu écrives, tu ne seras jamais riche, tu sais ? Tant qu'à faire de ne pas savoir écrire, tu aurais du faire plutôt une école de management". C'est fou ce qu'il peut y avoir de sous-entendus dans une petite annonce d'apparence bien anodine. [nda: c'est ça qui est bien en thèse, la formation à l'esprit critique, voir ce qui n'est qu'apparence. N'est-ce pas ?]. C'est un peu comme lorsque Word vous propose de mettre une lettre ou un nouveau document en forme pour vous. "Vous ne voulez pas que je vous montre comment écrire une lettre ?" vous dit alors un espèce de trombone qui se dit être "aide intuitive"ou "assistant office". Il veut m'assister en quoi ? Il a l'intuition de quoi lui ? Que je ne sais pas écrire ? Mais j'en veux pas de sa charité ! Passe ton DEA (oops, master) d'abord, on en reparlera après !
Entre nous, que peut-il y avoir de plus con qu'un trombone qui parle ? à part un balais, je ne vois pas.

07 août 2005

Du Bagad dans l'air...

Quelle groBe Rigolad aujourd'hui à la télé... Y'a d'la bigoudaine et du kilt dans l'air à Lorient. Voilà la Marche de la Fierté Celte, bien moins fun que la Gay Pride. J'ai eu comme l'impression que la commentatrice n'était pas au point.
-"Jean-Pierre, vous avez vu comme les jupes sont belles ?
- Ce ne sont pas des jupes, ce sont des kilts
- Ah oui, mais bien sûr, des kilts!
- Vous apprenez vite
- C'est à votre contact, jean-Pierre"
Autre moment choisi, un défilé de cornemuses palestiniennes... Et Jean-Pierre, plein de finesse:
- " Ah, il ont des palestiniens ici aussi ? Parce qu'il y a des tentes là à l'entrée de Lorient..."
- C'est le signe de l'exportation de la culture Celte dand le monde..." conclue la commentatrice.
Enfin, avant que je ne zappe définitivement, une très belle remarque sur les "noms bretons"...
- "Mais enfin Nantes est bien en Bretagne, s'insurge Jean-Pierre, d'ailleurs les noms des porteuses de sel de Guérande sont bretons!"
CQFD...
J'aurais été tambour-major, je l'aurais assomé à coup de crosse le Jean-Pierre !

06 août 2005

Humeur mauve


Et évidemment, vous vous dites "mais finalement, ces gens-là n'ont pas de vie, ils sont très malheureux". Qui voudrait en effet finir bossue à 35 ans, myope à cause de l'écran de l'ordinateur et cellulitée à cause de la nourriture rapide ?
Et vous croyez que je vais vous remercier de me mettre ces idées stupides en tête alors qu'il me reste encore une page acerbe sur l'historiographie critique de la révolution française à écrire ?
Mais vous rêvez, mon jeune ami !
Aujourd'hui, je suis d'humeur mauve (je trouvais que c'était plus jolie que maussade), j'ai bu 3 litres de coca et n'ai écrit qu'une page, alors que d'ordinaire je fais 2 pages par canettes. Mais je me demande si ce régime ne perturbe pas mon sommeil. A moins que ça soit la thèse. Quoi qu'il en soit, je me suis réveillée ce matin, à 11h30, en pensant que j'étais Charlotte Corday. Terrifiant. Avant de me rendormir, j'ai tout de même vérifier qu'il n'y avait personne dans ma baignoire.

05 août 2005

Mon noyau d'avocat


Ami lecteur, amie lectrice (ce blog est malheureusement 100% compatible Loi sur la parité),
Permets moi de t'apostropher de la sorte à cette heure tardive de la nuit... -la nuit d'une thésarde commence souvent vers 23h00 pour s'achever au petit matin - pour essayer te raconter encore un peu ma vie, "It's my life", comme disait si justement Dr Alban (il avait un PhD, mais je ne sais plus de quelle université).
Bref, ... "Mais toi, ami lecteur..." (je mettrais volontiers "amie lecteure" pour rigoler, mais ça ne ferait rigoler que moi), avais-je commencé... ne crois pas que la raison me fasse défaut, je tenais absoluement à te présenter un élément important de ma vie de thésarde: mon très cher noyau d'avocat.
Je sens poindre un sourire. C'est bien ingrat de se moquer des petits plaisirs quotidiens des gens qui ne prennent pas de vacances. Car à quoi bon ne pas prendre de vacances en été ? Et bien voici une très bonne raison de se faire une raison. Lorsque vous ne prenez pas de vacances l'été, vous pouvez faire pousser des plantes grasses pas chères sans qu'elles crèvent, et sans déranger les seuls amis qui ne vous ont pas encore quitté pour éviter de venir arroser votre moquette.
Mais maintenant que j'y pense, on m'a dit que l'avocatier (Persea Americana), deviendrait très grand, entre 6 et 20 mètres de haut. Et je me dis que ça sera peut-être gênant en apartement à Paris, qu'il ne supportera pas d'être tout seul l'hivers (comme moi), et qu'il aura besoin de soleil (comme moi aussi). Mais elle me rassure, moi, cette graine en germination dans son verre, suspendue par 3 allumettes. Elle a des racines terribles, un peu dégoutantes maintenant. Il est grand temps que je la mette dans un pot rempli de terre, mais allez trouver de la terre à Paris !
Mais je me rends compte que je régresse. C'est vrai, c'est la première et seule plante verte que j'ai pu faire pousser à l'age très précoce de 10 ans, poussée par ma maman qui voulait probablement m'initier aux questions existentielles de l'origine de la vie. Je lis dans sur un site: "Avec un noyau d'avocat qui pousse, tu découvriras comment les graines s'ouvrent et laissent sortir le germe, comment poussent les racines, puis les feuilles. Sa grosseur permet une observation facile. En outre tu obtiendras un élégant petit arbre pour décorer ta chambre".
Voilà, c'est tout pour ce soir, mais c'était très important de vous parler de choses très importantes et de vous présenter mon chez-moi, mon "home sweet home", garni d'un élégant petit arbre en devenir de 20 mètres de haut, qui fournira du guacamole à tout l'immeuble à la prochaine réunion "immeuble en fête".

Koh Lanta, L'ile de la tentation,...

Et voilà. Minuit passé, et me voilà devant la redifusion de Koh Lanta... Après l'ile de la tentation hier, j'aurais du faire une thèse sur "La télé-réalité face au paradigme du spectateur immobile". Mais il aurait fallu que je regarde si Foucault (Michel, pas Jean-Pierre) n'avait pas déjà écrit quelque chose sur le sujet...

Ce soir, j'ai donc décidé de continuer de finir ma thèse.

04 août 2005

J-72...


C'est ça qui est bien avec un blog, c'est qu'on peut parler à plein de gens de sa vie, et que ça sera toujours lu au moins par deux fois plus de personnes que celles qui liront un jour ma thèse. Oui, bien sur, je vais raconter ici des choses que mes parents et Tata Yvonne ne liront jamais, alors qu'ils se feront forts, eux, de m'apprendre comment conduire ma prose dans le monde sans jamais mettre mes doigts dans mon nez.
Je me demande comment Endnote acceptera ma notice de Nadine de Rotschield, Femme un jour, femme toujours... Ce logiciel est devenu très susceptible ces derniers temps; il n'accepte que de la référence de choix, de celles qui parsèment vos notes de bas de pages et qui se ratatinent, toutes collées les unes aux autres en fin de thèse... Un livre publié chez Fixot, ça n'est pas du tout son genre! Du tout.

Et d'ailleurs, ce blog est-il compatible avec Endnote v. 6 ? Accepte-t-il le style Chicago 14th ? Si oui, comment me citer moi-même ?
C'est dingue comme l'écriture est devenu quelque chose d'angoissant ces derniers temps.

Compte à rebours commencé: j- 72 jours. Si vous comptez bien, cela nous mène au 15 octobre pour le vomis de l'annuaire au service des thèses de l'université.